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" VOICI L'HOMME..."

 



Guillaume Moschini

 

 

 

Guillaume MOSCHINI

Peintre

 

Guillaume MOSCHINI
L'artiste peut être joint pat mail : gmos.moschini@gmail.com

 

 

 

 

Des chemins sur la mer…
....................................................................................................................Antonio Machado


  Guillaume Moschini nous accueille dans l'atelier qu'il va devoir quitter d'ici peu.
La rénovation de son petit immeuble du centre ville nîmois est prévue pour bientôt.
Petite cour intérieure, escalier, paliers, coins et recoins.
Nous y voici.
Trois pièces et d'emblée un bain de peinture.

Guillaume MOSCHINI

Sur tous les murs sont disposées des toiles, petites et grandes.
Nécessité du cheminement artistique ?
L'œuvre est là. L'artiste la regarde à distance, détachée de lui.

Guillaume MOSCHINI

L'accueillir. Se laisser surprendre. Qui apprivoise qui ?
Il semble y avoir une grande unité dans ce travail.
Nous y découvrirons plus de diversité qu'il n'y paraissait au premier abord.
Des surfaces géométriques s'entrecroisent, se frôlent, s'évitent,
des lignes le plus souvent droites, parfois courbes, des angles, des couleurs vives ou douces,
un orange puissant, un violet qui se cache, ou encore des couleurs sombres, un noir pas si noir…

Guillaume MOSCHINI

Des combinaisons à l'infini.
L'œil est pris, capturé dans la toile verte aux transparences indécises.
L'œil voyage, heurte une limite, ricoche, s'accroche à une autre, la gueule du crocodile le happe.

Guillaume MOSCHINI

Ouf ! Une courbe adoucit la chute.
Et puis il y a, toujours, au cœur, très présent : le rien.
Ou plutôt le vide. La faille, la brèche ?

Guillaume MOSCHINI


Bien que né dans une famille d'artistes et formé à l'école des Beaux-arts de Nîmes, avec notamment Claude Viallat,
Guillaume Moschini est loin d'avoir eu un parcours linéaire.


L'école des Beaux-arts de Nîmes

On peut dire qu'il est tombé dans un pot de peinture en naissant.
À 6 ans, dès qu'il le peut, il rejoint son père, professeur aux Beaux-arts, dans son atelier :
pour dessiner.
Mais finalement ce sont surtout la couleur et la peinture qui l'interpelleront.
L'exemple de ses aînés lui montre que "le travail du peintre est un travail de tous les jours ".
Ce que ne cesse de lui répéter Claude Viallat, ami de son père et proche de sa famille
Guillaume Moschini fait les Beaux-arts de Nîmes.

Mais il veut aller au bout de ses rêves.
Brusquement, il s'engage dans une autre voie : la composition, chanson et musique.
Ce sont 10 ans de galère à Paris.
Quand il réalise qu'il ne percera pas, son passé et son histoire le rattrapent : il revient vers la peinture.
Ce sera un énorme travail personnel pour y reprendre pied, et se reconnecter à un réseau d'artistes.
Boulimique ? Il s'intéresse à tous les autres artistes, figuratifs ou abstraits, morts ou vivants.
Réaliste, il poursuit en parallèle, un long travail de communication auprès des galeries.
Ses 10 ans de galère lui ont fait comprendre qu'aujourd'hui, pour percer et se faire reconnaître,
tout passe par la communication.

Ce long travail préparatoire, ces années d'introspection,
l'ont amené à se tourner vers 2 formes et 2 couleurs,
avec toujours une ouverture, une brèche, dite la " réserve ", qui n'est pas peinte évidemment.
"L'idée amène au geste qui devient forme " ; il s'agit de " jouer avec cette forme ".
Dans l'esprit d'un Claude Viallat bien sûr !


Vitrail de l'église d'Aigues-Mortes, détail
Toute ces influences plus celle de Philippe Pannetier, le galeriste de la place nîmoise de la Calade,


La galerie de Philippe Pannetier

l'ont amené à comprendre qu'il avait sa voie en tant que peintre minimaliste.
Cette radicalité lui a ouvert les portes de grandes galeries.

Ayant aujourd'hui acquis une certaine notoriété en tant que peintre,
Guillaume Moschini continue de se battre sans relâche
pour rester en contact avec les galeristes, les collectionneurs et ce qu'il appelle le « système »,
c'est-à-dire le monde des acteurs de la peinture actuelle.
Il lui faut toujours être prêt à fournir des toiles en quantité suffisante pour alimenter les galeries
- deux en même temps, parfois.

" Comme la peinture est un travail personnel, elle demande de la rigueur et un sens du rituel. "
C'est un travail de tous les jours dans son atelier.
Un travail de maturation intérieure de tous les instants. Un travail exigeant.



Il se défend contre la tentation de peindre " dans un geste lyrique ".
Il ne s'installe pas.
Il reste modeste : rien n'est définitivement acquis.
C'est toutefois avec plaisir qu'il accomplit son travail, et même dans une certaine joie.
Il est heureux d'aller au travail tous les matins, d'accomplir ainsi une sorte de rêve d'enfant,
de profiter d'une liberté de vie.



La peinture de Guillaume Moschini se place délibérément
dans la lignée de Matisse, Viallat et autres grands noms de la couleur comme seul sujet de la peinture.
La sienne est faite de grands aplats de couleur plutôt vive,
laissant systématiquement, comme on vient de le voir,
un ou des espaces vides - le plus souvent une sorte de faille - où apparait la toile nue.
Il travaille à la peinture acrylique, généralement diluée à l'encre de Chine, au brou de noix etc.
Cela donne une matière légère, avec des tons simples, chauds et généreux.

Il opère volontiers par couches multiples.
Le hasard, qui intervient au cours du processus de création, a sa place.
Parfois surgit l'inattendu : " Ce que je ne contrôle plus ".
Il n'hésite pas à dire que sa peinture est le reflet d'un inconscient et non l'expression d'un calcul préalable.
Il arrive que la peinture coule sous le cache qui limite l'espace vierge de la toile.
La frontière entre surface peinte et surface vide devient floue, imprécise,
évocatrice d'objets naturels, plus ou moins vivants.



Tout devient plaisir de l'œil, gratuité, simple cadeau.
Jusqu'aux traces et aux taches de peintures sur le sol carrelé…



Le support ? Une toile à gros grain minutieusement tendue sur un châssis ;



neuve ou bien récupérée dans l'armoire d'une grand-mère,
à moins que ce ne soit sur les murs du vieil appartement familial.
Le pinceau, souvent très large, s'aventure.
Avec décision. Netteté. Il semble plein d'assurance.
Mais en l'observant de plus près, voici une coulure, et là chevauchement, là-bas une reprise.
Tiens ! De l'inattendu. L'artiste ne semble pas tout à fait maître chez lui.
Il observe, prend du recul.
Une trace indocile modifie l'espace initial avec justesse.
Une tache insolite se révèle essentielle.
Une superposition de couleurs décevantes offre l'inespéré.
L'artiste s'en enrichit et se les approprie ; mais toujours dans un principe d'équilibre.
L'accidentel dérange et… comble.




....................


Voilà une peinture qui est tout sauf simpliste. Plutôt savante parfois.
En tout cas, elle n'est surtout pas besogneuse, prise et reprise, travaillée indéfiniment.
Non, il y a là quelque chose de léger, de pur, de limpide.
Comme les formes simples du départ.
Il y a aussi une douceur, une lumière, une innocence.
Celles de l'enfance, de cette enfance comblée dont Guillaume Moschini parle avec bonheur.
L'expression picturale est comme l'air que l'on respire.
Il n'y a guère de frontière entre le monde de l'adulte et celui de l'enfant
qui laisse des traces sur les murs du logement, ou rejoint le père et ses étudiants à l'École des Beaux-arts…

Pour nous, Guillaume moschini finit par exhumer de son fonds une peinture de ses jeunes années : une simple fenêtre, en noir et gris.



Ouverture sur quelque chose qui est dehors, plus loin, et qui n'est pas montré sur la toile…
Elle est très forte.
Nul doute que cette petite toile apparait aujourd'hui comme une prémonition de son travail actuel.

Guillaume Moschini cherche la pureté, la radicalité du dépouillement.
«  C'est très difficile la radicalité. Cela demande beaucoup de travail.  »



On pense à François Cheng lorsqu'il évoque ses quatrains,
fruits d'un long travail d'élimination, de simplification, de maturation
jusqu'à ce que vienne le mot simple et juste,
jusqu' à ce que naisse le «  diamant  », cristal concentré, transparent et pur.
Au premier abord, cette peinture nette et propre, très conceptuelle, pouvait paraître assez sèche, un peu sans âme.
Mais sa simplicité apparente résultait d'un travail qu'on ne soupçonnerait pas de prime abord.



Voilà un peintre bien sympathique !
Il est bon de l'entendre parler de son activité créatrice.
En l'écoutant on ne peut pas douter de sa sincérité.



On peut ne pas adhérer d'entrée de jeu,
mais on ne peut pas manquer de respect pour cette vie entièrement donnée à la peinture.
Côté sombre : risque de l'insuccès, fragilité de l'aventure, précarité…
Côté lumière : joie dans le travail de création, joie dans les tableaux eux-mêmes,
joie dans les échanges avec les collectionneurs, les galeristes, les autres créateurs, les anciens professeurs…
Il y a dans ces œuvres une part de mystère entrouvert, un vide, un manque, une attente.
Et l'on pense au mot de François cheng  : «  Dès lors qu'il y a rencontre, tout est sauvé.  »

«  Ça fonctionne, c'est achevé quand ça fonctionne  », répète Guillaume Moschini .
C'est quoi qui fonctionne ? C'est comment quand ça fonctionne ?
Est-ce un accord entre ce qui advient sur la toile et l'artiste, son projet, son engagement ?
Une fidélité dans sa quête ? Une vérité qui trouve son chemin ?
Pas de tricherie. Pas d'imposture.
L'innommable, l'intime, captés et révélés ? Un arrêt sur image qui satisfait et touche ?
Une harmonie particulière. Une musique. La sienne.
Une envie de toile jaune impossible… et puis un jour…


le jaune est là, triomphant.
Il trouve son chant, là, tout en haut de la toile, avec sa complémentaire, sa sœur, ce rose que l'on n'espérait plus.
Parfois ça ne fonctionne pas.
Alors, comme pour sortir du désappointement, Guillaume Moschini retourne le châssis,
et la toile sans apprêt, traversée par un ensemble de couches fluides successives et de diverses teintes,
laisse apparaître, ô surprise ! un monde insoupçonné de taches, de couleurs entremêlées
qu'on ne peut pas ne pas garder.




....




Le cadeau ! Alors il n'y a plus qu'à retourner la toile, la dégager du châssis, puis la retendre.
L'endroit devient l'envers. L'envers devient l'endroit.
Richesse et mystère des couleurs entrelacées.
Comble de l'impensé.
L'aventure se poursuit…
Et c'est ainsi, toile après toile.
Avec patience, constance, Guillaume Moschini se retrouve un jour dans la "cour des grands".
Dans les galeries, ses toiles côtoient les œuvres de Geneviève Asse, de Claude Viallat…
Pour notre bonheur !

 



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