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Quatre nuits avec Anna - Jerzy Skolimowski

Quatre nuits avec Anna

Réalisation Jerzy Skolimowski - Comédie dramatique
Avec Artur Steranko, Kinga Preis, Redbad Klynstra
Pologne-France 2008 ; sortie novembre 2008 - (1h 27)


Ce film polonais a concouru à Cannes pour la Palme d'or.
C'est un film dense et étonnant, où le spectateur est mis d'emblée en position de voyeur.

Léon Obraska , homme fruste mais résolu, est employé à l'incinérateur d'un hôpital de campagne.
L’intérieur des salles est sordide ; la campagne est triste, morne, sans clarté ; les maisons sont délabrées.
Le décor, déjà, nous plonge dans une certaine inquiétude.
Léon découvre que la jeune infirmière qu'il croise souvent, Anna, habite prés de chez lui.
Le soir, il voit sa chambre éclairée, où elle se déshabille…
Il n'a jamais osé lui parler.
Il décide de s'introduire chez elle (on ne dira pas ici pourquoi elle ne l'entend pas ...)
et là, il s'assied et la contemple.
Du voyeurisme, on glisse à la tendre contemplation .

Obraska avait été auparavant le témoin effaré d'un viol qu'il avait signalé à la police :
il en avait été accusé, mais relaxé sans preuves.
On le retrouve en prison après ses nuits passées chez Anna :
au juge qui lui demande à plusieurs reprises pourquoi il a agi ainsi,
il murmure enfin : " Par amour".
Il arpente sa cellule, broyant du noir , entre solitude et culpabilité.
Anna lui rend visite et le fait libérer après lui avoir dit : "Je sais que ce n'était pas toi".

Obraska n'est pas un pervers ; il est timide, amoureux transi sans défense.
Il est violé et torturé par ses "matons" (surveillants en argot ) dans une scène difficile à supporter
qui, elle, pourrait être le début d'un film sur la solitude des "matons ", ce qui les pousse souvent à la perversité…

Obraska quitte sa prison, se débarrasse dans une poubelle de son paquetage
et part, seul, où ?

Quatre nuits avec Anna est un film noir, dur, sans espoir.
Il est tourné le plus souvent de nuit ;
seuls des moments très clairs, colorés, apparaissent,
quand Anna fête son anniversaire par exemple.
Il est vrai que le cinéma polonais ne nous a pas habitués à l'optimisme...

René THIBON


  La solitude peuple souvent notre monde dit "de la communication".
Et l'être faible devient facilement le jouet d'une organisation sociale
sophistiquée mais finalement peu responsable et peu humaine.
Qui n'a pas ressenti, un jour, ce poids, cette lassitude ?...
Où voulez-vous aller ? semble nous balbutier Obraska.

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