Logo d'ACF Nimes Cinéma


Inglourious Basterds - Quentin Tarantino

Inglourious Basterds

Réalisation Quentin Tarantino - Guerre
Avec Christoph Walz, Brad Pitt, Mélanie Laurent, Diane Kruger, Michaêl Fassebender
USA 2008 ; sortie France août 2009 - (2h 33)

 


Scalpons sous l’occupation” titre Télérama.
Pour ceux qui ont connu la guerre de 39/45,
qui ont subi l’occupation et vécu la Libération,
dans l’espoir et le drame
- espoir entretenu par “Ici Londres” : Les français parlent aux français, de Pierre Dac -,
et qui ont entendu les discours du général De Gaulle,
l’humour parait un peu factice.
Mais ici, cet humour est noir.

Certes le français est honoré dans un film américain.
Les Juifs cachés dans une cave - un sous-bassement - sont des français.
Tarantino leur fait parler notre langue.
Un S.S. chasseur de Juifs parle français avec le fermier français
qu’il soupçonne - à juste titre ! - de cacher des Français résistants -.
Le fermier parlant anglais, on verra pourquoi par la suite, c’est en anglais que les deux personnages s’entretiennent.

“Mettre fin à l’abjection du 3éme Reich,
à n’importe quel prix par n’importe quel moyen est l’enjeu du film - les méthodes diffèrent” (Télérama).

Un groupe de soldats juifs américains, les Bastards/Basterds,
scalpent les nazis et leur tatouent une croix gammée sur le front.
Ils sont aidés par une française, rescapée de la famille juive réfugiée dans la ferme,
qui se trouve à la tête d’un cinéma à Paris et d’une espionne (une actrice tournant en France des films allemands).

Le film est fait de citations, de références culturelles, de plagiats recherchés.
Marlon Brando, Marlène Dietrich ou Clark Gable sont reconnaissables, pour les cinéphiles, à travers le jeu des acteurs.

Tarantino réunit, pour la force de la fiction et de l’antinazisme,
Hitler, Goebbels, Bormann.
Mais il se veut aussi défenseur de la culture allemande et autrichienne
grâce aux citations de Pabst, au tournage du film à Berlin ;
on croise à la fin du film Emil Jannings qui tourna dans L’Ange Bleu de Josef Von Sternberg.

Ce film est un bel hommage au cinéma,
un rappel historique de la barbarie que fut le nazisme,
un grand film nécessaire plus de soixante ans après la fin de la guerre.
Un espoir né outre-atlantique, fort bien venu.
Il est certes dérangeant ;
nous aimerions avoir l’avis d’un Juif ayant vécu cette époque
pour savoir comment est reçu cet humour, cet esprit de vengeance, par ceux qui ont, les premiers, subi la barbarie.

René THIBON

  Le livre de la Genèse nous montre, en images, l'escalade dramatique de la violence :
Caïn a promis de se venger 7 fois,
à la 5e génération, c'est par 77que Lamek multiplie sa vengeance (Gn 4,23-24).
Dans sa célèbre réponse à Pierre, effaré par la misérocorde de Jésus, celui-ci affirme :
"Je ne te dis pas [que tu devras pardonner] jusqu'à 7 fois,
mais jusqu'à 77 fois" (Mt 18,21-22) ;
autant dire 'sans limite'.
Dans l'histoire des hommes, plus l'horreur se fait horrible, plus se pose avec accuité
la question des moyens à prendre pour l'arrêter tout en restant humain soi-même
et, après coup, la question même de l'Homme.
Redoutable énigme.
Pourtant incontournable...

ACF-Nimes


 

Logo d'ACF Nimes
Arts - Cultures - Foi, délégation de Nimes
Site créé par NPousseur