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Larmée du crime - Robert Guédiguian

Larmée du crime

Réalisation Robert Guédiguian - Historique
Avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Gregoire Leprince-Ringuet, Robinson Stévenin
France 2009 - (2h 19)

 


Peut-être sont- ils nombreux ceux qui, comme moi,
ont pour la première fois entendu parler du groupe Manouchian
grâce à cette chanson de Léo Ferré sur un poème d’Aragon :
L’Affiche Rouge...
C’est l’histoire de ce groupe de résistants durant les 2 années 1943/1944
que Robert Guédiguian a mise en scène.

De jeunes immigrés espagnols, hongrois, juifs, communistes
vivaient cachés dans Paris, sous de faux noms ;
certains étaient dans un camp de regroupement
- ces sinistres camps créés en France sous Pétain pour regrouper les politiques
(dont des communistes arrêtés lors de la signature du pacte germano-soviétique),
les apatrides, les juifs et les sans-papiers.
Des camps qui existaient dans toute la France *.
Ces jeunes résistants ont dangereusement commis des attentats isolés
avant que le poète arménien Manouchian ne les regroupe en 1943
sous l’autorité d’un responsable de la Résistance.
On les appelait les M.O.I (Main d’œuvre immigrée).
Ils ont agi surtout à Paris.
Lorsque ils ont été arrêtés, leurs photos
- des photos corrigées pour les rendre « hirsutes, menaçants » comme dit Aragon -
ont été rassemblées dans une affiche placardée dans toute la France
et qui les désignait comme terroristes étrangers .

Ce film est réalisé de manière très pédagogique ;
Guédiguian dit n’avoir pas toujours suivi l’ordre chronologique des faits.
C’est ainsi que l’on comprend mieux l’engagement de ces jeunes :
ils voulaient défendre la France,
ce pays qui les avait accueillis, eux ou leurs parents
après le génocide arménien de 1915 et pendant la guerre d’Espagne...
Autant la motivation des jeunes juifs du film Inglorious Basterds
se nourrit du désir de vengeance et de violence - ce que l’on peut comprendre -,
autant l’engagement des MOI ne repose que sur l’obligation de libérer la France.
En effet, il y a des séquences du film où le sabotage échoue :
celui qui tient la grenade refuse de mettre en danger la vie des civils...

Guédiguian n’insiste pas sur les scènes de torture, insoutenables ;
mais, lui-même le dit, il faut savoir qu’elles ont eu lieu.
On ne peut les exclure du film, malgré recul du temps, si l’on veut être crédible. <br />

Il faut voir ce film.
Relire Aragon et écouter Léo Ferré chanter L’Affiche Rouge...
« Nul ne semblait vous voir Français de préférence ».

* Voir à ce sujet le livre du Docteur Lucien Simon (médecin, décédé en 2007) :
Les Juifs à Nimes et dans le Gard durant la deuxième guerre mondiale,
éditeur Lacour, Nimes - 1985.

Jacqueline et René THIBON

  N'est-il pas étrange de constater
combien un pays peut vite oublier ces "étrangers"
auxquels il doit beaucoup de ce qu'il est devenu,
et jusqu' son existence même ?...
Amin Maalouf a écrit un beau livre, qui donne vraiment à réfléchir :
Les identités meurtrières.
D'où vient cette résistance à ce qui nous vient "d'ailleurs" ?...

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