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Les murmures du vent - de Shahram Alidi

Les murmures du vent

Réalisation Shahram Alidi - Drame
Avec : Omar Chawshin, Maryam Boubani, Valid Marouf, Fakher Mohammad
Irak - 2009 ; sortie en France mars 2010 - (1h17)


Pendant la guerre Irak-Iran,
un vieil homme kurde, Mam Baldar (Omar Shawsin), dont le fils est mort au combat,
parcourt les routes montagneuses du Kurdistan Irakien.
De village en village, il assure un courrier particulier :
il enregistre sur magnétophone des messages que les familles kurdes s'adressent.
Il en confie quelques-uns à la station de radio clandestine
en relation avec les nombreux kurdes qui ont pris les armes contre le pouvoir irakien
et se sont réfugiés dans les hautes montagnes ;
toutes les familles kurdes possèdent un transistor et , l'oreille collée au poste, elles écoutent les nouvelles.

Mam Baldar va découvrir peu à peu les ravages pratiqués par l'armée irakienne.
Il va échapper à une rafle mais, en rentrant chez lui,
il découvrira sa maison détruite
et sa femme assassinée, elle qui pleurait sans cesse en silence la mort de son fils.
On pense à ce vers de Boris Vian :
"Ma mère a tant souffert qu'elle est dedans sa tombe..."
Mais ici, sa tombe n'est qu'une couverture de sable et de gravats
d'où s'échappent des mèches de cheveux.

Dans ce film superbe, où les paysages et la lumière sont recherchés,
on pressent le drame kurde.
Mais peu d'images en décrivent l'horreur, et c'est bien ainsi :
tout est suggéré, évoqué avec une grande émotion.
Le cinéaste Laurent Salgues dit ceci :
"Ce road movie onirique au rythme lent et contemplatif,
cette errance au travers des paysages grandioses des montagnes du Kurdistan
dégagent une poésie allégorique remarquable. "

Un espoir naît à la fin du film :
le cri d'un nouveau-né venant au monde, loin de son père rebelle au régime,
est retransmis par la radio clandestine que les Irakiens n'ont pas réussi à faire taire.

Ce film, qu'il faut voir,
est le premier long métrage de Sharam Alidi, né en 1971 à Sanandaj, au Kurdistan iranien.

Jacqueline et René Thibon


Au coeur du drame, un hymne poétique à l'humanité de l'Homme,
comme irréductible.
L'art n'a-t-il pas ce don de percevoir de la lumière au creux des plus épaisses ténèbres ?...

ACF-Nimes


 

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