Logo d'ACF Nimes Cinéma


Liberté - de Tony Gatlif

Liberté

Réalisation Tony Gatlif - Drame
Avec : Marc Lavoine, Marie-José Croze, James Thiérrée
France - 2009 ; sortie en France février 2010 - (1h51)


En 1943, une communauté tzigane s'installe aux abords d'un village,
comme chaque année, pour faire les vendanges.
Toute la France est occupée par l'armée allemande depuis Novembre 1942 ;
avant cette date, elle était coupée en deux,
et beaucoup de gens menacés par la Gestapo et la milice
tentaient de rejoindre la zone libre, au-dessous de la Loire.
On voit les roulottes des gitans circuler par les chemins forestiers.
Un orphelin d'une dizaine d'années les suit,
un jeune Rom le prend sous sa protection.
L'institutrice du village
- une résistante qui falsifie des cartes d'identité -
essaie de scolariser les enfants Rom,
comme l'exigent les lois de la République,
qui d'ailleurs n'ont pas encore été abrogées.
Le maire s'occupe activement de cette communauté.

Les tziganes, assimilés par les nazis à une race inférieure, ainsi que les Juifs,
ne pouvaient pas circuler librement.
Le nomadisme était interdit.
Les gitans sont alors arrêtés avec femmes et enfants,
et internés dans ces camps dits ‘de regroupement',
dernières étapes avant le départ vers les camps de concentration.

[Notre région nîmoise en comportait un certain nombre.
L'histoire locale n'en parle pas souvent :
il faut lire le petit livre du Docteur Simon, aujourd'hui disparu,
Les Juifs à Nîmes et dans le Gard de 1939 à 1944 , chez Lacour Ollé libraire- éditeur,
pour connaître les lieux où ils se trouvaient. ]

Le maire du village va rendre les gitans propriétaires d'un terrain.
Ils peuvent sortir du camp et, plus tard, reprendre leur route à travers les chemins.
Quel sera leur avenir ?
Seront-ils à l'abri quelque part ?
Le film ne le dit pas.
Son intérêt est de nous faire prendre conscience
de la traque organisée par Vichy, à la botte des allemands,
à laquelle, hélas ! des gendarmes français ont participé.

Il y a dans ce film des paysages superbes,
des images de bonheur, de la joie avec des chants et des danses, de l'humour
et, subitement,
le pressentiment d'un drame
lorsqu'on découvre, à l'aube, les roulottes vides.
On pense malgré soi au très grand film d'Alain Resnais, Nuit et brouillards ,
avec à la fin la phrase terrible du dialoguiste Henri Magnan :
"On frémit quand on pense qu'on appartient à la même race que ces architectes-là."



René Thibon


Soixante-cinq ans déjà...
Comme il est long, le travail de vérité sur l'histoire dont on hérite !
S'il est ausi difficile, c'est sans doute qu'il opère quelque chose d'essentiel et de fort.
Peut-être l'homme ne peut-il pas vivre humainement sans assumer son histoire
collective aussi bien que personnelle ?...

ACF-Nimes


 

Logo d'ACF Nimes
Arts - Cultures - Foi, délégation de Nimes
Site créé par NPousseur