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Flandres - Bruno Dumont

Affiche Flandres - Bruno Dumont




"Flandres"
Réalisation : Bruno Dumont
France 2006 - Couleurs - (1h 31)
Avec : Samuel Boidin, Adélaïde Leroux, Henri Cretel
Ce film a reçu le Grand Prix du Jury lors du 59e Festival de Cannes


L’article de Télérama avait pour titre : “Le Désir et la Guerre”.
On ne peut mieux résumer ce film en deux mots.

Bruno Dumont nous interroge : s’agit-il d'un nihilisme rudimentaire ou du passage de la barbarie à l’humanité ?

Le réalisateur reconnaît Robert BRESSON comme maître ; cela nous interdit à priori de parler de nihilisme.
Nous avons chez l’un la rigueur, la précision abstraite, la foi, le fameux “jansénisme” de la mise en scène ;
chez l’autre, le foisonnement (le baroque ?), la brutalité, la vulgarité et l’absence de sentiments,
pour en arriver à la brisure, aux pleurs, à la parole, à l’expression de l’amour.
C’est peu dire que de qualifier ce film, qui a obtenu en 2006 le grand prix du festival de Cannes, d'objet d’art inattendu.

Dans le paysage morne et triste, vivent des jeunes gens qui se sentent sans avenir.
Le personnage principal, Demester
- peu causant, taiseux selon le qualificatif du metteur en scène, renfermé sous son bonnet noir, massif, planté sur ses terres détrempées par une pluie incessante -
et son amie d’enfance, Barbe
- mince et pâle, fragile, devenue sa compagne -
se retrouvent tous les jours.
La guerre - on ne sait trop laquelle : Algérie, Irak, Proche-Orient imaginaire ? -
va les séparer et provoquer chez Barbe une dépression.
U ne dépression, pas une folie, qui nous en dit long sur le peu de sérieux prétendu des sentiments des protagonistes.

On sort du film muet de stupeur et d’angoisse, profondément secoué par l’émotion.
Le cinéma de Dumont, comme nous le dit Pascal Merigeau, du Nouvel Observateur,
”travaille le spectateur au corps, lui donne à ressentir, à éprouver quand il est tenté de se réfugier dans l'intellectualisme”.

Pour terminer, laissons la parole à l’auteur du film :
J’ai trouvé dans le cinéma ce que je n’avais pas trouvé dans la philosophie :
un accès à la sensibilité, à la nature, à la réalité.
En même temps j’y trouve le même questionnement que dans la philosophie : qu’est-ce qui est juste, vrai ?...
"

La barbarie :
comment, pendant la guerre d’Algérie, des gens ordinaires, boulangers, maçons,
sont-ils devenus des monstres ?...
comment ils vivent ça à leur retour ?...

René Thibon

Voilà l'une des grandes questions soulevées par les barbaries d'un XXe siècle prétendument "civilisé" :
quel est ce monstre tapi en chacun, et capable de l'impensable,
capable des pires atrocités pour peu que les circonstances s'y prêtent ?...
Qu'est-ce donc que l'homme ? Quel avenir pour lui ?…
Depuis Auschwitz, qui en est devenu le symbole par excellence,
nous ne pouvons plus faire l'impasse sur l'inhumanité de l'homme.
Tant d'artistes d'aujourd'hui, tel Bruno DUMONT,
ne cessent de nous le crier, à temps et à contretemps :
comme si tout discours, toute action qui ne prendraient pas en compte cette interrogation tragique
ne resteraient que poudre aux yeux…


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