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Indigènes - Rachid Bouchared

Affiche Indigènes - Rachid Bouchared




"Indigènes"
Réalisation : Rachid Bouchared
France 2006 - Couleurs - (2h 08)
Avec : Djamel Debbouze, Samy Nasseri, Roschy Zem,Sami Bouajila,Bernard Blancan


Le sujet est simple.
Qui connait un peu l’Algérie et a pu parler avec des algériens ayant eu 18 ans ou plus en 1943-1944
- pieds noirs ou musulmans - selon la terminologie de l’époque -
savent qu’ils ont tous été mobilisés dans l’armée française sous les ordres de Leclerc et de Juin.
La voix de De Gaulle avait été entendue en 1940 en Afrique,
dans notre ”empire colonial” où Pétain et Laval ne pouvaient s’opposer à lui.
Nous leur devons, à ces français d’Algerie, et tous les français leur doivent,
la présence de troupes françaises dans les débarquements de Normandie (juin1944 ) comme de Méditerrannée (août 1944),
et l’honneur retrouvé de notre armée.
Etant entendu que nous le devons aussi à tous ceux de la Résistance...
C’est dire que le film ”Indigènes” ne peut que nous toucher profondemment.

Combien de fois me suis-je fait raconter par un ami, rapatrié d’Algérie et de 10 ans mon aîné,
son débarquement en Normandie, sous le feu nourri des canons allemands...
son admiration pour Leclerc faisant évoluer ses troupes au mépris de la mitraille...
Seul De Gaulle en 1940, avec sa division cuirassée, avait eu le courage et la volonté
de résister aux panzers divisions hitlériennes et à leurs tanks.
C’était enfin, quatre ans après, grâce au même De Gaulle et aux troupes coloniales
- les Indigènes que nous montre le film -
le retour de la France au sein de la lutte contre la barbarie.

Le sujet est simple, à hauteur d’hommes,
selon le beau titre de l’article de Renée Carton dans le” Quotidien du Médecin” du 25/09/06.
Rachid Bouchared, le metteur en scène, et son co-scénariste Olivier Lorelle ont pu faire des recherches,
puisqu’il s’agit d’une histoire qui a 60 ans,
retrouver la presse de l’époque
et surtout écouter ceux qui avaient vécu ces temps difficiles en France, au Maroc, en Algérie.
L’armée de libération est symbolisée par quatre “indigènes“ - marocains -
et un sergent pied-noir dénommé Martinez, dont le rôle est un peu caricaturé.
Bien sûr, on retiendra la fantastique création de Djamel Debbouze
qui abandonne son rôle habituel de comique pour incarner un grand enfant, enrôlé trop tôt dans l’armée,
qui passe des jupons de sa mére à l’enfer des champs de bataille.
On ne revient jamais de l’enfer.
Les quatre “indigènes” découvrent trés vite qu’ils n’ont pas les mêmes droits que les autres français
et que la véritable fraternité n’existe hélas que dans le combat.
L’Histoire est le plus souvent dramatique ; c’est “un cauchemar dont il faut s’éveiller” selon Paul Valéry.
Aprés s’être battus pour la France,
de retour en Algérie ils organisent avec leurs parents et leurs frères, avec le peuple algérien
des manifestations pour l’autonomie de l’Algérie.
Le mot d’indépendance est prononcé à ce moment-là ,en particulier à Sétif.
Cela se terminera par la répression que l’on sait, le même général De Gaulle présidant alors le gouvernement de la France.
Il faudra le soulévement de la Toussaint 1954 et les huit ans de guerre pour arriver à l’indépendance souhaitée.

René Thibon

Encore un film qui nous place devant l'énigme de l'humanité et l'inhum anité de l'homme.
On peut être un grand homme... et avoir des gestes terribles.
On peut être un peuple capable d'héroïsme... et avoir des inconsciences ou des mépris abyssaux.
On peut se donner avec une générosité spontanée... et subir des humiliations révoltantes.

Qu'est-ce que l'homme ?...
Il est frappant que les créations de notre époque
reviennent de façon lancinante sur cette question cruciale,
tel le Goncourt 2006, avec "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell.
Et si c'était là la grande question spirituelle de notre temps ?...


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