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The Good German - Steven Soderbergh

The Good German




"The Good German"
Steven Soderbergh
USA : 2006 - (1h45)


Nous sommes en 1945 - La seconde guerre mondiale vient de se terminer.
Berlin est rasé par les bombardements alliés.

A Potsdam - le Versailles prussien - américains, russes et anglais : Staline, Truman et Churchill,
se rencontrent pour régler les problèmes de la fin de la guerre en Europe et de la capitulation allemande.

Jake Geismer est un officier correspondant de guerre américain,
interprété par un remarquable Georges CLOONEY.
Les alliés, les vainqueurs de la guerre, doivent mettre un peu d’ordre
dans une ville et un pays dévastés,
qui n’arrivent que difficilement à se réveiller du sombre cauchemar du nazisme
et de l’épouvantable catastrophe où Adolf HITLER les a conduits.
Russes et Américains se disputent
pour essayer de faire sortir d’Allemagne des documents ayant appartenu à un nommé Brettman.
Il s’agit là, à mon sens, du célèbre savant Von Braun
dont on a dit qu’il était proche de la découverte des secrets de l’explosion nucléaire.
Il se greffe sur ces sombres rappels historiques
une ancienne histoire d’amour entre l’officier américain Geismer,
qui fut journaliste à Berlin dans les années 30,
et Léna, une allemande qu’il a connue à cette époque et qu’il recherche dans la ville détruite.
Léna, on l’apprendra vite, tente surtout de se procurer un passeport
pour fuir son pays et se rendre aux États- Unis,
son passé n’étant pas non plus trés limpide.
Elle arrivera d’ailleurs à ses fins.
Léna est juive,
elle dit avoir été épargnée de l’extermination parce qu’elle avait épousé un SS : Emil Brandt.
Or Brandt etait le secretaire de Brettman
et il avait gardé les dossiers de ce dernier , ses codes de recherches.
C’est donc en se rapprochant de Léna que russes et americains espèrent se les approprier.
SS poursuivi par l’épuration d’après guerre,
Brandt vit caché dans les égouts, ne voulant pas être découvert.
Le bon allemand :
est-ce lui qui, reconnu, meurt assassiné ?
ou est-ce Léna, à la fois monstrueuse et victime ?...
Ici tout le monde est compromis.

Ce film en noir et blanc nous rappelle étrangement
les films noirs américains ;
les réminiscences ne manquent pas de Casablanca au Troisième Homme et à La Scandaleuse de Berlin.

SODERBERGH ne choisit pas entre l‘Histoire et une histoire d’amour.
Il n’y a pas de manichéisme dans ce film.
Mais son auteur semble un peu dépassé
par l’ampleur des problèmes posés par la fin de la guerre,
par l’ampleur des massacres qui nous ont laissés avec le stalinisme succédant au nazisme,
avec l’Europe coupée en deux par le rideau de fer
-ce qui faisait dire à Churchill, avecson humour noir :
j’aime tellement l’Allemagne que je préfère qu’il y en ait deux” -
N’oublions pas que seule l’Europe de l’ouest, libérée par les américains,
retrouvera tout de suite la démocratie...
Il n’y a pas de héros.
Personne ne peut se prévaloir ici d’une supériorité morale”,
dit Soderbergh (dans Positif - n° 552).

René THIBON


L'ère des idéologies triomphantes... et finalement meurtrières !
héritées des dérives de l'époque des "Lumières",
semble bien éteinte.
Dans sa célèbre parabole de l'ivraie et du bon grain (Matthieu 13/24-30),
Jésus nous a mis en garde
contre une vision manichéenne de l'homme
et contre toute tentation de prétendre éradiquer absolument tout mal,
tant chez l'autre que chez soi-même...
Nous y gagnons certainement en vérité humaine.
Et c'est peut-être l'une des grandes chances de notre époque...
si du moins elle accepte de vivre avec cette énigme du Mal, si dérangeante.

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