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Un secret - Claude Miller

Un secret


Réalisation Claude Miller, d’après le roman de Philippe Grimbert - Drame -
Avec : Cécile de France - Patrick Bruel - Ludivine Sagnier- Julie Depardieu
France : produit en 2006 ; sortie 2007 - (1h40)


C’est une histoire poignante, criante de vérité (1).
Il s’agit d’un enfant de 10 ans, François, qui ne se sentant pas assez reconnu, pas assez brillant,
s’invente un double idéal.
Le jour de ses 15 ans, une cousine lui révèle sa véritable histoire
et il s’aperçoit qu’elle correspond à ce qu’il avait imaginé.

Un enfant ne peut pas se construire si on lui cache une part importante de l’histoire de sa famille ;
ainsi, par trois fois, voit-on François se regarder dans le miroir, se chercher en quelque sorte ;
on pense à Jean Cocteau dans Orphée : “Les miroirs sont les portes par lesquelles la vie vient et va”.

Claude MILLER nous fait revivre cette époque infâme et honteuse des années 40.
Il nous rappelle que, si c’est bien Hitler et ses sbires qui ont inventé le nazisme,
la France a sombré avant de revivre et de retrouver son honneur avec la Résistance et le général De Gaulle.
Tous ceux qui ont vécu la guerre, le pétainisme et la collaboration
se rappellent comment l’idéologie nazie et le collaborationnisme
pensaient marquer du sceau d’infamie la population juive, accusée de “cosmopolitisme”.
C’est un film difficile, adapté d’un roman autobiographique de Philippe GRIMBERT.
Le scénario est construit en trois parties, correspondant aux trois époques : 1936, 1955 et l’époque actuelle ;
le passé est en couleurs, le présent en noir et blanc.
L’épilogue nous montre le château de Pierre Laval, actuellement habité par sa fille,
puis le monument et le mémorial de la Shoah.

(1) J’aurais pu rencontrer un des enfants du film
puisque j’avais 10 ans comme lui, en 1943,
et que j’entendais dire - heureusement de loin en loin -
que tel ou tel enfant de mon quartier avait disparu et qu’il ne reviendrait pas.
J’entends encore ma mère me dire : ”Ne donne jamais le nom de notre propriétaire”.
Il avait un nom à consonance “étrangère,” juive peut-être,
et “qui sait, disait-elle, si quelque personne bien intentionnée
n’irait pas en parler aux autorités françaises - ou allemandes.


René THIBON

             

Complexité et ambiguïté de l'homme,
chez qui il faut si peu de choses
pour qu'il se construise ou se casse,
pour qu'il se grandisse ou s'avilisse...

Peut-être ce film nous invite-t-il aujourd'hui à une certaine prudence.
Les technobiologies nous ouvrent des perspectives de procréation
extraordinaires et quelque peu vertigineuses :
le discernement sur ce que nous engendrons ainsi
n'est peut-être pas aussi évident que le laisseraient croire
des manières idéologiques ou simplistes d'aborder la question.


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