Les crises culturelles de notre temps :


sous le signe de la relativité/fluidité

 

Conférence-débat au Cercle Condorcet de Nîmes

le 7 novembre 2013, à l'Agora

 

 






1. Une description de la culture


Il s'agit évidemment de culture au sens des sociologues et non au sens des « milieux de la culture ».
En 1982, l'UNESCO en a officiellement donné une intéressante description :
« Dans son sens le plus large, la culture peut être aujourd'hui considérée
comme l'ensemble des traits distinctifs - spirituels et matériels, intellectuels et affectifs -
qui caractérisent une société ou un groupe social.
Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances.
La culture donne à l'Homme la capacité de la réflexion sur lui-même.
C'est elle qui fait de nous des êtres spécifiquement humains, rationnels, critiques et éthiquement engagés. (…)
C'est par elle que l'Homme s'exprime, prend conscience de lui-même, se reconnaît comme un projet inachevé, remet en question ses propres réalisations,
recherche inlassablement de nouvelles significations et crée des œuvres qui le transcendent.  »


En 1965 , le concile Vatican II se situait lui aussi dans cette ligne :
«  La culture désigne tout ce par quoi l'Homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps.  »
(L'Église dans le monde de ce temps, n°53)

 

 

Quelques signes de crise culturelle


Aujourd'hui, beaucoup se sentent :
•  marqués par une mondialisation qui soude l'humanité et risque en même temps d'écraser toute culture originale ;
•  anxieux de ce pourrait devenir une société où des cultures et des religions diverses viennent soudain se brasser entre elles
comme avec le fond culturel et religieux habituel.
Intégration ? mais qui devrait intégrer qui… Communautarisme ? mais où conduit pareille juxtaposition…
Explosion en vue ? Éclatement ?
Le multiculturalisme est-il vraiment vivable ? Quel vivre-ensemble pour aujourd'hui ?
•  prisonniers des mécanismes financiers impitoyables d'une économie planétaire qui sert l'argent
et instrumentalise l'Homme, dont l'existence alors ne fait plus sens ;
•  déracinés de leurs terroirs traditionnels par une urbanisation galopante
et, plus encore, par les réseaux de relations et d'activités « hors sol » permis par les nouvelles technologies de communication et de transport ;
•  fascinés par toute la puissance de nos techniques qui triomphent de bien des obstacles à l'épanouissement de l'Homme,
mais inquiets des déséquilibres majeurs - écologiques, économiques, sociopolitiques - que notre puissance risque aussi d'engendrer ;
•  déroutés par un individualisme qui donne de la valeur à chaque individu,
mais prend en même temps un visage narcissique qui émiette la société ;
•  déconcertés par les perspectives du gender qui viennent brouiller leurs repères ;
•  marqués par l'émergence de l'Inde, de la Chine , du Brésil, des pays du Golfe qui bouleverse notre paysage économique et politique…
•  inquiétés par les fanatismes religieux conduisant au terrorisme, par des quêtes d'identité et des antagonismes sans merci…

Beaucoup ont ainsi le sentiment que nous sommes pris dans une crise culturelle majeure,
même si ses contours, ses significations, ses risques et ses promesses sont encore difficiles à cerner.
Chez nous, le désarroi des politiques et l'écho trouvé par le populisme de type lepéniste paraissent bien significatifs d'un état de crise.

Mais qui dit « crise » dit-il forcément catastrophe ?

 

2. Vous avez dit : « crise » ?
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