Ce désir qu'advienne l'improbable...





° Le cinéma, le théâtre, la littérature font apparaitre bien des mutations actuelles :
•  au théâtre, au cinéma, on trouve beaucoup l'individu
dans sa relation aux grandes questions de la vie -solitude, vieillesse, maladie…-
au sein d'un petit cercle d'êtres humains et avec peu d'acteurs ;
•  dans la littérature aussi, c'est l'individu,
non pas indifférent au monde mais très préoccupé de ses propres questions.
Alors, qu'en est-il de la validité du lien à l'autre ?
(cf. Houellebecq : s'engager dans une relation à l'autre n'a-t-il pas un coût exorbitant ?
enfermement, disparition, rupture...).
La joie de se voir est aujourd'hui mitigée, habitée d'un doute,
d'une difficulté à faire confiance aux mots de l'autre.
Comment la relation peut-elle être pérenne ?
Je le désirerais, mais…

° Ces créations artistiques ont déjà par elles-mêmes une dimension créatrice,
dans la mesure où elles permettent de se rendre compte que nous éprouvons les mêmes choses :
la communication est compliquée, la relation est fragile, parfois éphémère,
les circonstances la fragilisent…
Pourquoi cette non-évidence et cette nécessité vitale de la relation à l'autre ?
Cf. ces parents qui ont peur de ne plus être aimés de leurs enfants :
du coup, ils ne leur posent plus de limites et sont débordés.
Comme si l'amour inconditionnel devenait conditionnel :
c'est un ébranlement complet.

L'Homme contemporain n'enterre pas la question.
Il a tout de même du ressort face à tous ces ébranlements !
Voilà une expérience qui nous semble être celle d'une « foi », ouvrir à la question de Dieu.

•  Dans le film Intouchables , c'est la relation à l'autre qui touche ;
il y a une découverte de la solidarité profonde de l'être humain,
bien au-delà des réseaux sociaux Internet.
•  _ L'écriture vous a sauvé de quoi ?
demande-t-on à Michel Rostain au sujet de son livre sur la mort de son fils unique.
_ De penser que cette vie n'a jamais existé…
Désir d'une relation qui dure, même si elle est improbable.
Il n'est appuyé ni sur une foi ni sur une espérance,
mais sur une « communion », sur « un lien à… ».
Et malgré tout, il y a ce désir qu'advienne l'improbable.
C'est d'une humanité !...
Il y faut une sacrée dose de « foi » en l'humanité, d'amour pour l'autre.
Cela demande une énergie !
L'homme est plus grand que l'homme…

mystède de l'homme

Vues sous cet angle, il y a des demandes religieuses qui ont un fond réel.
Telles ces demandes de baptême qui sont moins une recherche de protection magique
qu'un « ça existe peut-être… ».
Et c'est admirable.
Cf. ce psychiatre qui s'était éloigné de son éducation chrétienne :
« Dans mon métier, je vois des gens qui pourraient se remonter et qui ne se remontent pas.
Mais ceux qui y arrivent font référence à une transcendance :
c'est une chance que je veux donner à ma fille, dans la vie.
Je souhaite qu'elle soit baptisée. »

Question  : dans sa pratique, notre Église est-elle assez célébrante
de cette « parole énergie » de l'Homme contemporain,
qui « y croit » malgré tout ?...
Elle a mission de manifester l'œuvre de l'Esprit dans le cœur des Hommes,
de faire acte de « bénédiction » (dire du bien).
La grande difficulté est de trouver les mots pour cela ;
mais sont-ils possibles autrement qu'en portant un regard aimant sur l'Homme actuel,
plutôt que de jugement ?

ACF-Nimes, janv.-fév. 2012

 

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