Affiche de Culture & Foi, Avignon 2008



« Sur le concept du visage du fils de Dieu »




Cette pièce de Romeo Castellucci soulève maintes polémiques
de la part de catholiques appartenant au courant intégriste.
Le 26 juillet 2011, "Arts-Cultures-Foi" de Nimes s'est impliqué
dans la rencontre organisée par "Foi et Culture" d'Avignon
avec Romeo Castellucci :
Voici son point de vue.

 

« Je viens de lire le long et savant article de Mgr Pascal Wintzer, qui met fort bien les choses au point.
Voici le lien sur le site de l'épiscopat français

Sur ce que dit Mgr Wintzer, je mettrais simplement une nuance au sujet de la beauté.
Depuis la seconde guerre mondiale, nous ne pouvons plus oublier à quel point elle peut être ambiguë :
dans les camps de concentration,
les tortionnaires ne demandaient-ils pas à leurs prisonniers Juifs musiciens
de leur jouer du Mozart, dont ils se délectaient ?...
La seule beauté salvatrice est celle de l'amour.
Celle des œuvres d'art se transforme parfois en miroir aux alouettes.

Un mot sur ce qu'il ne dit pas, ou plutôt qu'il ne fait qu'effleurer.
L'habitude nous fait banaliser les images de Jésus crucifié : elles ne choquent plus guère.
C'est ainsi que l'horreur de ce supplice finit par s'estomper
au profit de considérations pieuses ou dogmatiques…
même à l'heure où l'on peut passer devant un  juge pour une claque à un enfant,
ou pour mauvais traitement à un animal.
Romeo Castelluci nous réveille.
Il nous fait replonger, à sa manière, dans le scandale de ce Messie crucifié
qui choquait si fortement les Corinthiens de l'apôtre Paul, dans les années 50.
Ce fils absorbé par les soins prodigués à son vieux père incontinent sous le regard du Christ
n'a rien de blasphématoire.
Au contraire, il nous fait réaliser jusqu'où nous sommes aimés :
en général, les crucifiés ne devenaient-ils pas eux-mêmes incontinents sous l'atrocité de la douleur ?
Pour nous, Jésus a accepté de mourir, et de mourir sur une croix…
Il n'est plus de bas-fond d'humanité qui ne puisse être habité de sa Présence.



Je n'ai vu de la pièce que des photos.
Mais j'ai écouté Romeo Castelluci en parler pendant plus d'une heure,
au dernier festival d'Avignon, lors d'une rencontre organisée par « Foi et Culture ».
C'était une merveille de simplicité et de profondeur.
Je ne sais pas ce qu'il en est vraiment du scandale affiché, instrumentalisé, de ses contradicteurs ;
mais je n'y entends guère de « note » évangélique.
Cette « note », il se trouve que je l'ai entendue, surprenante et un brin provocatrice, chez M. Catellucci.
Merci à lui. »

Jacques Teissier, Arts-Cultures-Foi Nimes

 

 

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