‘Nouvelle histoire de l'Homme’

Pascal Picq

Librairie Académique Perrin (2005), 328 pages, 9€ (ISBN 2262020485)


  crâne d'homo neanderthalis

 

 

 

  Quelques repères proposés par ACF

 

Au cours des siècles, plusieurs espèces d'homme ont coexisté et/ou se sont succédées.
Il y a 40.000 ans, on en comptait encore 4 différentes ;
après la glaciation, il n'en est plus resté qu'une : la notre, "homo sapiens"...
Voici quelques repères assez communément admis,
même s'ils ne font pas l'unanimité des spécialistes.


On trouvera à la page suivante la réflexion sur le livre de Pascal PICQ

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  Australopithecus afarensis (de 4,1 à 3 millions d'années environ)
n'appartient pas au genre homo : c'est un cousin plutôt qu'un ancêtre de l'homme.
Volume crânien 380-430 cm³. Machoire prognathe (allongée vers l'avant).
Habituellement bipède.
Homo habilis (de 2,45 à 1,5 millions d’années).
Premier fossile découvert en Tanzanie dans les gorges d'Olduvai.
1,30 m pour 40kg. Volume crânien 700 cm³.
Parfaitement bipède.
Homo ergaster (de 2,2 à 1 millions d’années).
1,70 m pour 65 kg. Volume crânien de 800 à 950 cm3 .
Semble le premier à avoir une bipédie tout à fait comparable à la nôtre.
Homo erectus (de 1,8 Ma à 200.000).
1,65m pour 57 kg. Volume crânien entre 800 et 1.200 cm³.
Maitrise l'usage du feu. Les outils se perfectionnent.
Homo erectus est le premier représentant du genre Homo attesté hors d'Afrique (cf. Tautavel).
Il est présent en Asie et en Europe, notamment en France vers - 600 000 ans.
Homo neanderthalensis (de 350 000 à 28 000 ans).
De 1,50 m à 1,70 m ; jusqu’à 1,75 m pour 90 kg.
Volume crânien 1 600/1 700 cm3 ; le crâne présente un chignon occipital et la mandibule n'a pas de menton.
Enterre ses morts avec des rites funéraires ; outils très variés. Localisé uniquement en Eurasie.
Branche éteinte (pourquoi ?...).
Homo sapiens. C'est l'homme moderne, dont fait partie le célèbre homme de Cro-Magnon . A partir de 200.000/120 000 ans.
En moyenne 1,67 m pour les hommes et 1,50 m pour les femmes (jusqu’à 1,70 m pour 70 kg.).
Volume crânien 1 500 cm3 ; peut aller jusqu'à 1 800-2 000 cm³. Crâne arrondi et avec un menton ; face réduite.
Dimorphisme sexuel relativement réduit.
On le trouve en Afrique, en Europe, en Europe centrale, au Proche-Orient et en Asie du Sud-Est avec très peu de variations.
Il développe une industrie : les outils se perfectionnent.
Auteur des premières œuvres d'art préhistorique connues.


Néandertal et sapiens ont occupé l'Europe et le Proche-Orient à la même époque et se sont sans doute côtoyés.
Les derniers Hommes de Néandertal connus ont été découverts vers l'extrémité sud de l'Espagne et au Portugal.

 

Voici des reconstitutions du visage d'un australopithèque et de quelques homo.
La physionomie générale est juste,
mais le regard, la couleur de la peau et la pilosité, le nez et les oreilles sont, évidemment, conjecturés !

 


austalopithèque afarensis

 

 

 

 

 

homo habilis...... homo ergaster........ homo erectus

 

 

 

 

 

  homo neanderthalis.............................. homo sapiens

 

 

 

 

  Les nouveautés - pas encore définitives - de la paléogénétique

 

Les analyses génétiques de plus en plus pointues, rapides, et possibles même sur des ossements anciens,
ne cessent d'enrichir et d'affiner nos connaissances.
Voici, par exemple, cette vue récente des relations évolutives hypothétiques, déduites des analyses génétiques,
que l'on peut tracer entre les populations humaines modernes et éteintes
.
Les flèches rouges représentent les preuves génétiques d'interfécondité entre des populations d'hominidés différentes.
Les flèches noires sont de possibles flux génétiques supplémentaires.
[Voir le magazine Biofutur N° 349, de décembre 2013, pp.45-49]


austalopithèque afarensis

 

 

Ou encore cette vue nouvelle de la dispersion de l'Homme à parttir de son berceau africain.
[Voir encore le magazine Biofutur N° 349, de décembre 2013, pp.45-49]

Les recherches des 20 dernières années ont établi que notre espèce ( Homo sapiens ) a émergé au sud de l'Afrique il y a 200 000 ans.
Une unique dispersion en dehors du berceau africain - théorie dite O ut of Africa - aurait ensuite eu lieu, il y a environ 60 000 ans,
menant au peuplement du reste du globe .
Ce scénario qui a le m é rite d' être simple et consensuel est corroboré
par les analyses génomiques des populations humaines actuelles.
Cependant, dans deux régions du monde, l'Australie et l'Am é rique du Sud,
de récentes découvertes archéologiques et paléogénomiques
sont en train de révéler de nouvelles strates de notre histoire.

L'Amérique, un très ancien Eldorado.
La théorie actuelle soutient un peuplement de l'Amérique en trois vagues migratoires au cours des derniers 16.000 ans, passant par la Béringie .
De nombreux sites archéologiques à travers l'Amérique du Sud
attestent cependant d'une occupation humaine bien plus ancienne, remontant à plus de 20.000 ans.
Et les plus vieux restes humains du continent, dits «  paléoaméridiens  » ,
présentent une morphologie crânienne similaire à celle des Australo-Mélanésiens et non à celles des populations du nord de l'Asie.
Les analyses paléogénomiques de ce matériel sont en cours.
Il y a fort à parier que les résultats bouleverseront de nouveau les scénarios établis.

Pas une mais deux dispersions.
L'analyse génomique de cheveux d'Aborigène datant du début du XXe siècle a permis d'obtenir un génome complet
qui a révélé que les représentants de cette peuplade australienne sont issus
d'une dispersion d' Homo sapiens hors d'Afrique distincte
et bien antérieure - -75 000 ans -- à celle dont descendent les autres populations non africaines.
Il y aurait donc eu au moins deux dispersions réussies issues d'Afrique !
Jusqu'à présent, aucun autre groupe humain descendant de cette première dispersion n'a pu être identifié,
malgré l'analyse du génome de plusieurs populations candidates - Kusunda du Népal, negritos d'Asie du Sud-Est -,
toutes rattachées à la seconde dispersion.

François-Xavier RICAUT,
du laboratoire d'anthropologie moléculaire et images de synthèse (AMIS),
CNRS UMR 5288, Université de Toulouse, Toulouse
.
D'après Rasmussen, carte des deux dispersions Out of Africa :
il y a 75.000 ans (flèche jaune)
et 50.000 ans (flèches rose) ;
Bonhomme rouge = populations actuelles issues de la 1ère dispersion.
Bonshommes noirs = populations éteintes issues de la 1ère dispersion.

Out of Africa

Et le scénario continue de s'écrire...

 

 

 

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