Patrick Banon



La Révolution théoculturelle

Comprendre et gérer la diversité religieuse dans notre société

Éditions Presses de la renaissance (383 pages - 2008 - 20 € )


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Etude sur l'homme et l'humain  

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La globalisation des cultures, la libre circulation des individus et des idées dépassent aujourd'hui la simple interaction sociale pour faire cohabiter - pour la première fois dans un espace partagé - plus de 4 000 formes de croyances religieuses, de divinités et de cultes.
Comment appréhender ce changement ? L'exercice est périlleux. Il faut gérer l'impact des croyances sur la société - et non les croyances elles-mêmes - sans entrer dans le débat religieux, et faire des choix sans discriminer. Un casse-tête pour ceux qui ne mesurent pas encore la fragilité du principe de laïcité.
Le monde du travail se trouve inévitablement en première ligne de cette « révolution théoculturelle », et les entreprises vivent la diversité en direct.
Origines, causes et impacts sur notre société, Patrick Banon offre ici un état des lieux complet de cette révolution sans précédent. Comprendre ce nouveau monde est essentiel car les cultures religieuses ne sont pas des cultures comme les autres. Leurs interprétations, leurs pratiques et l'harmonisation de leur diversité décideront du type de société que nous réservons aux générations futures.

Patrick Banon, écrivain et essayiste, vit près d'Orléans. Chercheur en sciences des religions et systèmes de pensée, expert auprès d'Oxford Analytica, conférencier, il est aussi conseiller en gestion de la diversité culturelle et religieuse dans le monde du travail. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Flavius Josèphe, un juif dans l'Empire romain (Presses de la Renaissance, 2007), Tabous et Interdits (Actes Sud Junior, 2007), Dico des signes et symboles religieux (Actes Sud Junior, 2006), Signes et symboles religieux (Flammarion, 2005), Dieu et l'entreprise (Eyrolles, 2005), La prophétesse oubliée et Etemenanki, le secret de la tour de Babel (Flammarion, 2004 et 2003).


Commentaires d'Arts-Cultures-Foi de Nimes


Nos sociétés occidentales « diverses » balancent aujourd’hui
entre l’uniformité de l’intégration (tendance française)
et la juxtaposition des particularismes (tendance anglo-saxonne).
Pour des chrétiens, le récit de la Pentecôte (Actes des Apôtres, ch. 2) marque une nouvelle manière de rassembler l’humanité :
non plus dans une uniformité totalitaire comme à Babel (Genèse, ch. 11),
mais en passant par la diversité.
Voilà qui donne une perspective, mais pas de solutions :
en pratique, comment gérer la nouvelle diversité religieuse et culturelle de nos sociétés ?
La question s’avère des plus délicates…
ce qui n’est guère pour étonner un catholique connaissant un peu l’histoire de son Église :
combien de fois celle-ci a-t-elle été tentée par les sirènes de l’uniformité,
et combien de fois a-t-elle raté la symphonie de la diversité !

Voici un livre qui éclaire avec une rare pertinence
et la nouveauté et la délicate gestion de nos sociétés
devenues, en quelques décennies, multiculturelles et multireligieuses
– qu’on le veuille ou non, les deux s’interpénètrent
puisque toutes les cultures ont des racines religieuses
et que toutes les religions ont un impact culturel,
d’où le néologisme de « théoculturel » -.

Dans cette situation inédite et complexe,
avec ses deux principes d’indivisibilité du peuple français et d’égalité de tous les citoyens,
la laïcité à la française s'avère étonnement féconde
par la finesse de discernement comme par les ouvertures inédites qu'elle rend possibles.
Encore faut-il ne pas brader naïvement cette laïcité, serait-ce avec les meilleures intentions du monde !
En outre, Patrick Banon, chercheur en sciences des religions,
a décodé les origines de bien des symboles et rites religieux.
Cette mise à distance détend nombre de questions « chaudes »
telles que celles du voile islamique, des rites et symboles religieux, des fêtes religieuse, des interdits alimentaires…
Patrick Banon est aussi un "praticien".
C’est dire qu’il ne se contente pas d’idées,
mais qu’il se confronte aux questions concrètes de la cohabitation des différences « théoculturelles »
dans des espaces publics/laïcs tels que les entreprises ou les écoles.
Il ne prétend ni tout savoir ni tout avoir trouvé.
En faisant part de sa réflexion et de son expérience, il n’enferme pas le lecteur :
il l’éclaire et l’appelle à oser sa propre recherche avec discernement.

Le lecteur chrétien aura plaisir à constater, une fois de plus,
que pour tracer son chemin, il ne lui suffit pas de faire référence à ses textes fondateurs
mais qu’il a sans cesse besoin de prendre en compte les situations culturelles nouvelles
dans lesquelles il se trouve immergé comme tout homme.
Ici, il se trouve cependant invité à aller plus loin
en prenant aussi en compte les réponses que certains élaborent déjà.
Il s’y trouvera en bonne compagnie.
Dans la commission préparatoire au concile Vatican II qui travaillait sur les rapports de l’Église catholique avec le monde moderne,
le futur Jean-Paul II stupéfia le père Congar par une remarque.
Les Pères conciliaires, disait-il, ont bien mis en relief les questions que pose l’évolution du monde moderne,
ils ont même proposé un certain nombre de réponses à ces problèmes.
Mais, fit-il observer, les Pères n’ont pas recueilli les réponses que les hommes proposaient déjà à ces questions,
et ils ne sont même pas demandé en quoi ces réponses des hommes
pouvaient interroger celles qu’ils avaient eux-mêmes avancées
(cf. Yves Congar, "Mon journal du Concile", Cerf, 2002, p. 312).
S’il fallait trouver une limite à ce livre, ce serait une limite somme toute fort légitime :
la question du dialogue interreligieux n’en fait pas partie.
Heureusement car il semble en avoir une vision plutôt étriquée…
ce qu’on ne saurait décemment reprocher à un scientifique.

Jacques Teissier

 

 

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