Jacques Arnould



L'abbé Breuil, le pape de la préhistoire


Éditions CLD, Tours
(334 pages - 2011 - 21 €)

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L'abbé Breuil, le pape de la préhistoire  

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Le 14 août 1961, il y a cinquante ans, disparaissait l'abbé Henri Breuil. Ce voyageur infatigable, qu'amis et adversaires aimaient surnommer le «pape de la préhistoire» , pouvait partir tranquille : ses travaux avaient largement contribué à poser les fondements de la préhistoire moderne et à faire connaître l'art des cavernes.

Professeur au Collège de France, membre de l'Institut, comblé d'honneur, « l'abbé » eut moins de chance avec sa propre É glise qui préféra le tenir à distance. Ainsi, le pape Pie XI lui refusa l'entrée de l'Académie pontificale des sciences. Son amitié avec le père Teilhard de Chardin et ses recherches qui, inévitablement croisaient la question de l' évolution, à une époque où l' Église catholique préférait s'en m éfier, expliquent peut-être cela.

Breuil fut pourtant un grand scientifique et un prêtre fidèle. Comme en témoigne cette biographie qui s'applique à faire remonter à la lumière, un homme attachant et souvent drôle, qui passa presque huit cents jours de sa vie à traquer les origines de l'humanité dans l'obscurité des cavernes.

Théologien et historien des sciences, Jacques Arnould a consacré plusieurs ouvrages aux relations entre science et religion, dont une biographie de Pierre Teilhard de Chardin. Il travaille au Centre national d' études spatiales sur ia dimension éthique des activités spatiales.

 

 

 

 

 

Recension
(à paraître dans la revue Esprit & Vie)

Parfaitement documenté, précis, sans délayage, de lecture aisée quoiqu'un peu touffu,
ce récit trace de façon bienveillante et savoureuse l'aventure et le portrait de l'abbé Breuil,
l'un des pionniers de la préhistoire et, disait-on, son « pape ».
Il ravira les amateurs de préhistoire aussi bien que les curieux des premiers balbutiements d'une recherche
aujourd'hui extraordinairement enrichie par les outils les plus pointus de nos technologies ;
il suffira, par exemple, tout en lisant celle de Lascaux, de penser à l'exploration actuelle de la grotte Chauvet.

Mais l'intérêt de ce livre va bien au-delà.
Il montre, sur le vif, la difficulté des personnes et des groupes, surtout religieux
-l'Église catholique en l'occurrence-,
à accueillir des nouveautés scientifiques qui bousculent les cadres de pensée établis,
tant religieux que philosophiques.
Il montre aussi la fécondité d'une recherche du vrai
alliant prise en compte inconditionnelle des faits, si dérangeants qu'ils puissent paraître,
et attitude bienveillante envers la recherche scientifique, même quand celle-ci semble iconoclaste.

En le lisant, on réalise mieux combien nos évidences actuelles
sont le fruit de fines observations, de réflexions subtiles, de débats houleux…
Il n'est, au fond, de science que dans l'ascèse d'une certaine humilité devant les faits ;
et force nous est de reconnaître que le « pape » lui-même n'a pas toujours su être fidèle à son propre Credo ,
en dépit de sa grande honnêteté.

Aujourd'hui où des mutations culturelles considérables et des technologies inédites
font naître de nouveaux questionnements, délicats et bien souvent polémiques,
sur l'Homme et sur l'éthique,
ce livre apparaît comme une invitation à ne pas juger a priori
ou à partir de catégories de pensée relevant d'un autre univers culturel.
On peut regretter que l'auteur ne donne pas quelques ouvertures dans ce sens…
mais peut-être son omission est-elle volontaire ?

En tout cas, la figure de l'abbé Breuil apparaît comme un bel exemple de fidélité audacieuse et de courage.
On notera aussi avec intérêt l'écho trouvé par cette figure d'homme
dans une communauté scientifique et une société en conflit avec l'Église catholique.

Jacques Teissier

 

 

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