Claire Ly
La Mangrove
Éditions Siloë, Nantes/Laval
(208 pages - 2011 - 17€)
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Présentation de l'éditeur
Ravi et Soraya, deux Khmères vivant en France depuis de longues années, retournent dans leur pays natal, le Cambodge,
en quête de réconciliation avec leur histoire personnelle.
Présentation de l'auteur Claire Ly vit en France depuis 1980. Ancienne professeur de philosophie, née bouddhiste et convertie au catholicisme, elle est aujourd'hui enseignante à l'ISTR (Institut des sciences et théologie des religions) de Marseille. Ses livres lui ont donné l'occasion, à travers de nombreuses conférences, d'évoquer l'histoire du Cambodge et son parcours de foi exceptionnel, tout en invitant inlassablement chrétiens et bouddhistes à progresser ensemble.
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Recension
Après ses deux premiers livres, plus explicitement biographiques,
cet ouvrage en forme de récit comporte une longue réflexion sur la rencontre
des deux cultures -khmère et française-, deux spiritualités -bouddhiste et chrétienne- que connaît bien l'auteur.
Le dialogue est approfondi par la personnification dans la rencontre de ces deux amies,
khmères mais émigrées en France, l'une baptisée, l'autre restée bouddhiste.
L'auteur accepte d'être ‘une femme partagée' sans trop arriver à savoir elle-même entre « quoi et quoi ».
Le dialogue entre les deux femmes n'esquive pas les obstacles.
« Je pense que la seule solution pour construire le ‘royaume de Dieu' sur une terre bouddhique
serait de travailler en collaboration étroite avec les bouddhistes.
La vocation, pour les gens de Jésus, comme pour les gens de Bouddha,
consiste à chercher, chacun dans leur voie respective, des chemins pour rendre la société plus humaine. »
« Eau et terre », c'est le nom que tout Khmer donne à son pays natal.
La mangrove où poussent des palétuviers impénétrables,
née du brassage de deux eaux, l'eau salée et l'eau douce,
permet à la vie d'exploser en un lieu apparemment hostile.
La mangrove illustre le brassage des cultures
qui se rencontrent, se croisent, et se fécondent mutuellement.
La culture khmère est faite de métissage et d'adoption.
Elle doit aujourd'hui aborder la mondialisation en accueillant la différence mais sans perdre sa cohérence.
Trois ans, huit mois et vingt jours sous le régime du Kampuchea démocratique
ont marqué profondément ce pays,
mais on a négligé de prendre en compte la réhabilitation sociale.
Car pour pouvoir vivre, il faut savoir oublier.
Parmi les points débattus, en toile de fond,
l'efficacité des Tribunaux chargés de juger les responsables des atrocités commises par les Khmers rouges,
efficaces pour les Occidentaux
mais insuffisants pour les autochtones soucieux de comprendre
les causes qui ont fait basculer le pays dans la violence.
Le livre se termine par une longue réflexion entre les deux femmes
sur la ‘non-haine' bouddhique et le pardon chrétien.
Pierre Galloy
Arts - Cultures Foi de la délégation de Nimes
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