Jacques Teissier



L'Homme qui marche...


Lecture d'évangile -Nimes 2012
(Conférence)


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« Venez et voyez »

En marche à la suite de Jésus -1/6-


L'été voit son flot de pèlerins les plus divers marcher sur les routes de Compostelle, de Saint-Gilles…
Les amateurs de « GR », de marche en montagne ou dans la campagne sont légion.
Cet engouement pour la marche va de pair avec une attente de spiritualité 
typique de notre temps :
intériorité, recul à l'égard d'une vie haletante, méditation.
Comme si notre marche extérieure était lieu et symbole d'une autre marche, plus intérieure.
L'invitation de Jésus à la « suivre » : « Venez et voyez » (Jn 1,39) :
rejoint et éclaire en profondeur cette expérience toute humaine.


« Venez et voyez » (Jn 1,39) :
l'évangile de Jean a le don de trouver des expressions d'une grande simplicité
et, si l'on veut bien s'y attarder un peu, d'une profondeur inépuisable.
À Rome, le P. Donatien Mollat, spécialiste de cet évangile,
disait qu'il est comme un lac de montagne :
d'une limpidité, d'une transparence merveilleuses…
mais on a beau le scruter, on n'en voit jamais le fond.

L'évangile de Jean commence par un prologue solennel :
"Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu…
Tout fut par lui…
En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes…
Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire…
De sa plénitude, nous avons tous reçu grâce sur grâce… "

D'emblée, le lecteur sait que Jésus est Verbe, Parole de Dieu, expression même de Dieu.
Quelle va donc être, sur la terre des hommes, sa première parole « officielle »,
lui qui vient nous révéler de quel amour nous sommes aimés de son Père
et dans quelle plénitude de vie il nous propose d'entrer ?
Notre impatience se trouve prise à contre-pied.

Le premier personnage qui apparaît après le prologue n'est pas Jésus :
c'est Jean le Baptiste.
Il insiste pour dire aux gens de Jérusalem que ce n'est pas lui le Messie (1,19-28).
Est-ce au passage suivant que Jésus va dire quelque chose d'important ?
Toujours pas !
Mais cette fois, Jean le Baptiste désigne Jésus comme le Messie (1,29-34).
Et nous allons enfin assister à la première grande déclaration de ce Messie, de ce Christ.



La Bonne Nouvelle de Jean

Pour entrer vraiment dans cette parole, il nous faut la situer dans son contexte à l'intérieur de l'évangile de Jean. Sinon, nous risquerions de n'y trouver qu'un prétexte à dire des choses que nous savons déjà. Si l'Évangile est une « bonne nouvelle », cela veut dire qu'il nous faut commencer par l'écouter, jusqu'à entendre une « nouvelle » : quelque chose à quoi nous n'avions peut-être pas pensé et qui s'avère, justement, être une « bonne » nouvelle. Pas une bonne nouvelle de l'ordre de la connaissance intellectuelle, abstraite , mais une bonne nouvelle concrète ; pas une bonne nouvelle qui fait plaisir et rien de plus, mais une bonne nouvelle qui nous demande, pour être véritablement « entendue », de nous laisser déplacer, de nous ouvrir à quelque chose de neuf, de vivre une démarche. Parce qu'il est un écrit spirituel, l'évangile n'est pas seulement un livre qui parle de réalités spirituelles : c'est un livre qui, pour être reçu, nous demande de vivre nous-mêmes une démarche spirituelle.

 





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